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Fiche pratique · La vie mondaine

Porter un toast

Porter un toast bref, juste et bien placé, sans faire tinter son verre ni parler plus de deux minutes.

  1. 01

    Choisir le moment

    Un toast se porte entre deux plats, jamais pendant que l’on mange ni pendant le service. Aux repas de cérémonie, l’usage français le place avant le dessert. On s’assure d’abord que tous les verres sont servis.
  2. 02

    Se lever, sans faire tinter

    On se lève. On ne frappe jamais son verre avec un couteau : le geste est de mauvais ton et menace le cristal. Le simple fait de se lever suffit à faire le silence en cinq secondes. Si le brouhaha résiste, l’hôte demande le silence à la voix.
  3. 03

    Dire pourquoi l’on parle

    Première phrase : le motif. « Je voudrais lever mon verre à Claire et Antoine. » L’assemblée sait immédiatement à quoi elle assiste et combien de temps elle en a.
  4. 04

    Un souvenir, une qualité

    Le corps du toast tient en deux éléments : un souvenir précis et une qualité observée. Ni biographie, ni compilation d’anecdotes, ni allusion privée que la moitié de la table ne comprendra pas.
  5. 05

    Conclure et lever

    Une phrase de conclusion, puis la formule : « À Claire et Antoine ». On lève le verre à hauteur des yeux, on regarde la personne honorée, et l’on boit une gorgée — une seule. L’assemblée répète la formule et boit.
  6. 06

    Trinquer, si on trinque

    Le choc des verres n’est pas obligatoire en France dans un repas de cérémonie ; il l’est presque toujours en famille. Si l’on trinque : on se regarde dans les yeux, on choque à mi-hauteur, verre légèrement incliné, et l’on ne croise pas les bras avec un troisième convive.

La structure qui fonctionne toujours

  1. Le motif — « Je voudrais lever mon verre à… » (une phrase)
  2. Le souvenir — un lieu, une date, une scène (trois phrases)
  3. La qualité — ce que ce souvenir révèle de la personne (deux phrases)
  4. Le vœu — ce qu’on lui souhaite (une phrase)
  5. La formule — « À Claire et Antoine » (trois mots)

Dix phrases, cent quarante mots, une minute vingt. C’est la longueur exacte d’un bon toast, et il n’y a pas d’exemple d’un toast qu’on ait regretté d’avoir écourté.

Qui porte le toast, et dans quel ordre

Au mariage : le père de la mariée, puis les témoins, puis éventuellement le marié. Le premier toast revient à celui qui reçoit.

Au dîner officiel : l’hôte porte un toast à son invité d’honneur, qui répond par un toast à l’hôte. On ne prend pas la parole avant que l’hôte ne l’ait fait.

En famille : celui qui a une raison, quand il le sent, sans annonce préalable.

Si l’on est visé par un toast

On reste assis pendant qu’on parle de vous — se lever pendant son propre éloge est inconfortable pour tout le monde. On ne boit pas à sa propre santé : on repose son verre, ou on le lève sans porter à ses lèvres. On se lève ensuite, brièvement, pour remercier en une phrase.

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